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Une victime en garde à vue pour avoir porté plainte contre une policière.

lundi 24 août 2009, par Pote à pote

Le 15 mars 2008, au volant de son véhicule dans une rue de Dijon, Mérième, une jeune femme a été doublée de façon anormale (queue de poisson) par une voiture anonyme. Quelques minutes plus tard, elle retrouve ce véhicule à un feu rouge.

Choquée par son attitude, elle descend de sa voiture pour indiquer à la conductrice qu’elle a manquée de causer un accident : « ça ne va pas, faites attention, j’ai un enfant de 4 ans derrière ».

Au lieu de s’excuser, la conductrice brandit une carte professionnelle en déclarant : « police, sale bougnoule, vous allez avoir de mes nouvelles ; je vais vous retirer votre permis … ».

Le soir même elle reçoit à son domicile une convocation à venir présenter son permis de conduire au commissariat de police de CHENOVE. La convention est signée, en outre, par la conductrice ayant tenu des injures racistes à son égard.

Après avoir demandé conseil auprès du comité local de SOS Racisme dont elle est membre, Mérième entreprend donc d’aller porter plainte pour injure raciale au Commissariat central de Dijon. Mais le policier à l’accueil refuse de prendre sa plainte car elle devait s’adresser directement à l’antenne de police de son quartier. Celle-ci étant fermée, Mérième retourne donc au Commissariat central. Devant son insistance, l’officier de police accepte de prendre sa plainte, celui-ci refuse par contre mais sans vouloir mentionner l’identité du policier auteur des injures racistes. Quelques jours plus tard, tandis qu’elle monte dans sa voiture, elle réalise qu’elle est suivie par un véhicule de police en faction en face de son domicile. Après quelques minutes, cette patrouille l’oblige à se ranger sur le bas-côté pour un contrôle de routine. Elle leur précise qu’elle se rendait justement au commissariat de police. L’un des policiers lui déclare : « de toute façon, elle ne peut pas vous recevoir, elle n’est pas là aujourd’hui ». Ils lui font ainsi comprendre qu’ils savent tout à propos de sa plainte. Avant qu’elle ne reparte, elle sera verbalisée pour plaque minéralogique illisible.

Si sa plaque est si « illisible », comment expliquer que la fonctionnaire de police ait pu l’identifier ? En honnête citoyenne, Merième a non seulement payé son amende, mais également fait changer la plaque d’immatriculation de son véhicule. Par la suite, Merième reçoit une convocation du Commissariat central de Dijon à propos de sa plaintre..

Le jour du rendez-vous, elle est reçue par une fonctionnaire de police qui lui assène : « votre plainte ne colle pas, ça fait 25 ans que je la connais ; elle n’est pas capable de dire ça. Vous êtes en garde à vue pour dénonciation calomnieuse ». Elle n’en revient pas ; elle tremble de tout son corps.

Pendant sa garde à vue, la fonctionnaire de police lui demande si elle veut changer ses déclarations. Bien qu’abasourdie, Mérième ne cède pas à la pression du policier et décidze de maintenir sa plainte.

Après l’intervention de Maître Samuel ESTEVE, son avocat, Mérième est enfin libérée.

Saisi pare l’affaire, le 18 avril 2008, le Président de SOS Racisme écrit alors au Ministre de l’Intérieur pour dénoncer un usage abusif de la garde à vue dans le but d’intimider une victime d’injures racistes commises par un policier. Dans le même temps, Madame Claude DARCIAUX, député-maire de Longvic (21) saisi, quant à elle, la Commission nationale de déontologie et de la sécurité (CNDS).

Jusqu’à ce jour, ni Mérième ni SOS Racisme n’ont été informés des suites du dossier.

La mésaventure de Mérième est d’autant plus scandaleuse que le policier l’ayant mise en garde à vue siège au Pôle Anti-discrimination du Parquet de Dijon. Mais, ce dernier a préféré couvrir une collègue que de défendre une victime d’injures racistes.

Adriano Mendy


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